par | Juil 15, 2020

Entrepreneur VS Sportif de haut niveau : même combat !

Entraînement, coaching, santé physique et mentale, discipline, effort, persévérance, endurance, confiance… Si ces termes sont très souvent et « naturellement » rattachés au sport de haut niveau, ils le sont beaucoup moins à l’entrepreneuriat. Pourtant, les entrepreneur.es doivent également s’astreindre à un programme complet pour s’imposer, performer et durer. Et si l’entrepreneuriat était lui aussi une discipline de haut niveau ?

Par Charles ARMATAFFET, CEO de LittleBigCode

Ne dit-on pas que le talent n’attend pas le nombre des années ? Natation, tennis, football, formule 1… Le sport regorge d’exemples confirmant cet adage. Les sportifs et sportives arrivent désormais à maturité de plus en plus tôt et il n’est pas rare de voir des jeunes d’à peine 18 ans rivaliser avec leurs aînés et même triompher.

Il faut se faire une raison : l’expérience n’est plus un axe différenciateur ! La « faute » à la science et à la technologie qui ont permis aux « juniors » d’atteindre leur maturité sportive beaucoup plus rapidement, permettant alors de compenser le manque d’expérience.

Du sport à l’entrepreneuriat, il n’y a souvent qu’un pas

Et l’inverse est aussi vrai. Ainsi, il n’est pas rare de voir des personnes plus expérimentées adopter les usages attribués habituellement aux digital natives, comme les réseaux sociaux.

Voilà pourquoi, après plusieurs années de présence sur LinkedIn, j’ai enfin décidé de me lancer dans la rédaction de mon premier article ! Il n’est jamais trop tard…

Mais encore fallait-il trouver un sujet sur lequel je me sentais légitime et qui n’avait pas ou peu été traité. J’ai donc décidé d’aborder les similarités entre mon passé de sportif de haut niveau et mon « job d’entrepreneur » avec un focus tout particulier sur les méthodes que j’ai « transposées » entre les deux activités. L’objectif est de partager mon retour d’expérience et, je l’espère, peut-être de pouvoir aider de entrepreneur.es dans leur parcours.

Cela fait maintenant plus de dix ans que je me suis lancé dans ma première aventure entrepreneuriale avec la création d’une plateforme de VTC lancée en parallèle de mon premier emploi. Ont suivi deux autres expériences, avec plus ou moins de réussite, mais toujours cette envie d’être le plus efficace possible, de durer dans l’exercice malgré les années et, surtout, de prendre du plaisir au quotidien dans mon job.

Or dans le sport, impossible d’être efficace, de durer et de prendre du plaisir sans… entraînement et sans une certaine hygiène de vie !

Après le sport de haut niveau, voici le « job » de haut niveau dont l’entrepreneuriat serait une discipline, à l’instar du foot, du ski ou encore du cyclisme que je connais bien. Voilà pourquoi, en tant qu’entrepreneur, il me paraissait évident, pour performer, d’appliquer les fondamentaux que j’avais appris dans le sport tout en les adaptant, les améliorant et en étudiant sans cesse de nouvelles approches en vue de tendre vers l’amélioration continue.

Le code de l’entrepreneur de haut niveau

Certes, il y a et il y aura toujours des personnes plus aptes, plus efficaces, plus matures ou encore plus intelligentes au même âge par rapport à d’autres. Néanmoins, je reste convaincu que, pour durer, le talent ne suffit pas et que le travail finit toujours par payer !

Comme dans le sport, l’entrepreneur.e doit également se fixer des objectifs et analyser sa courbe de progression. Ainsi :

  • Tout objectif doit être mesurable et atteignable
  • Pour évaluer une situation, une progression ou autre, il doit mettre en place des KPI et donc des outils de mesure
  • Faire son bilan (semestriellement ou annuellement)
  • Avant d’être efficient, il faut être efficace, c’est-à-dire faire d’abord les bonnes actions avant de les faire bien !

À l’image des basiques du sport de haut niveau, l’entrepreneuriat repose sur 4 élements clés :

  1. La préparation
  2. L’hygiène de vie
  3. Le mental
  4. L’entourage

1/Entraînez-vous

C’est certainement, le point qui semble le moins pertinent à dupliquer lorsque l’on est entrepreneur.e… Et pourtant ça n’est pas si difficile. En effet, pour améliorer vos performances sportives, vous devez vous entraîner. Alors, pourquoi ne pas le faire dans votre profession ?

En réalité, nous le faisons mais pas forcément sous la forme que l’on imagine avec le sport. Petit rappel concernant l’entraînement qui se caractérise par le fait de :

  • Habituer son corps à certains efforts
  • Acquérir de nouvelles méthodes et des automatismes
  • Bousculer son organisme pour l’obliger à progresser

De même, la préparation, pour s’avérer efficace, doit être adaptée en fonction du sport, de votre état de forme et de vos objectifs. De ce fait, on comprend bien que pour un.e entrepreneur.e et/ou chef.fe d’entreprise, nous n’attendons pas le même type d’exercice que pour un cycliste…

À titre d’exemple, les développeurs ont compris que pour progresser, ils devaient effectuer une veille technologique, réaliser des projets personnels, suivre des tutoriels, etc. En bref : s’entraîner !

Ainsi, pour faire évoluer sa société, un.e dirigeant.e d’entreprise doit aussi évoluer en élargissant son champ de compétences, en particulier sur les domaines suivants :

  • Le management
  • La communication
  • La stratégie
  • La gestion
  • Le business
  • Les RH
  • L’organisation…

Pour y parvenir, il faut alors se sensibiliser, se documenter et se former. En un mot là encore : s’entraîner !

Si cette prise de conscience est clé dans la vie d’un.e entrepreneur.e, une fois que l’on a compris l’importance de ce point, que faire exactement ? Comment savoir quel type de training privilégier et avec quel timing ? Tout simplement en appliquant une nouvelle fois les principes du sport, à savoir :

1.      Définir son état de forme avec le fameux test d’effort effectué une à deux fois par an par les sportifs de haut niveau. Pour les entrepreneur.es, nous parlons alors de bilan ou d’auto-évaluation nous permettant de connaître précisément les niveaux de compétences sur chacun des points cités plus haut (liste non exhaustive).

2.      Définir les objectifs en termes de performances (données physiologiques) et de résultats (course). En effet, l’objectif est d’abord d’améliorer ses capacités pour viser de meilleurs résultats. Pour un.e dirigeant.e, nous parlons ici d’objectifs personnels et d’objectifs de société.

3.      Définir un plan d’entraînement associé, ce qui équivaut à l’agenda, à la roadmap et/ou au planning de formation pour un.e chef.fe d’entreprise.

Quelques tips 

Concernant son « auto-évaluation », il convient de construire une matrice d’évaluation. Sur ce point, internet regorge de littérature et de documentations mais à chacun de construire sa matrice et d’apprendre à s’auto-évaluer, et/ou de se référer à une autre personne qui nous connaît bien (un associé par exemple).

Le but est alors d’obtenir une liste de critères (objectifs et/ou subjectifs) en lien avec notre projet professionnel et personnel, et que l’on pourra évaluer et comparer d’une année sur l’autre.

Cette évaluation, une fois effectuée, permet de définir votre profil et de mettre en avant :

  • Vos points forts
  • Vos points d’amélioration
  • Votre évolution par rapport à l’année précédente
  • Et surtout de vous aider à définir nos objectifs

Une fois votre profil et vos points forts identifiés, il est temps de définir vos objectifs ! Tout en vous montrant ambitieux, vous devez rester humble et en phase avec vos capacités afin qu’ils soient atteignables et vous mettent en confiance. Idéalement, on définit des objectifs par trimestre et par année.

Ensuite, vous devez définir les méthodes et les moyens nécessaires pour y arriver. Mais est-ce possible ? Si non, quels sont les autres moyens ?

Quelques exemples d’objectifs

Côté sportif, voici les objectifs qu’il est possible de se fixer :

  • Dans 6 mois, je souhaite courir le semi-marathon en 1h40
  • Dans 1 an, je le cours en 1h30
  • Dans 3 ans, en 1h20

Pour y arriver, je vais devoir augmenter ma « Vitesse Maximale Aérobie VMA », c’est-à-dire la vitesse de course à laquelle j’atteins ma consommation maximale d’oxygène. Et pour y parvenir, je dois donc effectuer tel type d’entraînement, tant de fois par semaine.

Pour un.e entrepreneur.e, les objectifs peuvent ressembler à ceux-ci :

  • Dans 3 mois, je souhaite livrer la V1 de mon application
  • Dans 6 mois, je veux générer 1 M€ de CA
  • Dans 1 an, je dois livrer la V2 et atteindre les 2 M€ de CA

Pour atteindre ce but je vais donc devoir recruter X collaborateurs et générer plus de leads business. Ainsi, il me faut renforcer mes équipes RH et commerciales tout en augmentant ma visibilité grâce au marketing.

En ai-je les moyens ? Non ! C’est pourquoi, je vais devoir m’atteler à recruter et à développer le business moi-même, etc.

Pour conclure, vous définissez donc vous aussi votre plan d’entraînement et/ou votre agenda. Ce dernier peut-être un planning hebdomadaire figé avec des créneaux prévus pour faire face aux imprévus, associé à un agenda plus macro avec les grandes étapes.

II/ Surveillez votre santé et votre hygiène de vie

Autre point essentiel pour être performant : être en forme ! Jusqu’alors délaissée par les chef.fes d’entreprise, la santé devient de plus en plus au centre des préoccupations des entrepreneur.es, en particulier des jeunes.

On ne compte plus les adeptes du sport matinal ou des miracles morning, et c’est tant mieux ! À la clé :

  • Une meilleure concentration
  • Une meilleure résistance au stress
  • Moins de fatigue
  • Une plus grande capacité de travail

Personnellement, autant cela ne m’a pas sauté aux yeux lors de mes premières aventures, mais il devient clair qu’avec le temps, notre corps n’a plus la même résistance. Aussi, afin d’être performant et pouvoir durer dans le temps, je me suis astreint à une certaine discipline qui consiste à :

  1. Faire du sport 4 à 5 fois par semaine
  2. Éviter l’alcool en semaine
  3. Ne pas manger de plat contenant du sucre ajouté
  4. Conserver un jour complet de repos / semaine (sans travail, sans téléphone, sans sport)

Parallèlement à cela, il est impératif d’écouter son corps et de se ménager quand nous ne nous sentons pas en forme. À ce titre, inutile de travailler comme un forcené si vous vous sentez fatigué. Relâchez un peu la pression, adaptez votre journée, vous y gagnerez sur le long terme !

III/ Travaillez votre mental

Sur ce point, je passerai rapidement car de nombreux articles évoquent ce point via la méditation, la sophrologie ou autre. Mais à l’instar du sport, le mental est l’un des facteurs clés de la réussite.

Le succès, c’est 20 % d’aptitudes et 80 % d’attitudes. Une proportion qui s’accroît certainement dans entrepreneuriat tant les difficultés sont importantes.

En ce sens, il devient impératif de travailler votre mental pour, d’une part, supporter les difficultés et, d’autre part, fédérer vos équipes mais aussi prendre les bonnes décisions.

Aussi, il convient de visualiser mentalement les objectifs et les difficultés pour les anticiper, et d’adopter un état d’esprit résolument positif pour entraîner vos équipes avec vous !

IV/ Entourez-vous

Enfin, sauf si vous avez des associés, l’entrepreneur.e est souvent seul.e. Et c’est là une différence notable avec le sportif de haut niveau qui, lui, n’hésite pas à s’entourer d’experts dans leur domaine, de préparateurs, de conseillers et de coachs. Et ce, même dans les sports individuels.

Croyez-vous vraiment que Federer a réussi tout seul ou que Michael Phelps est devenu l’immense champion qu’il est sans son entraîneur ?

En tant qu’entrepreneur.e, on est rarement préparé à surmonter les obstacles et on est souvent confronté à un double enjeu : survivre à sa première année… mais surtout réussir sa deuxième année, encore plus difficile.

N’oubliez pas qu’il est toujours plus compliqué de se maintenir au haut niveau que d’y parvenir. Car une fois que vous aurez réussi et serez devenu un leader dans votre domaine, vous serez alors challengé en permanence par vos outsiders. Or c’est dans la difficulté que l’on reconnaît les grands champions !

C’est pourquoi, vous devez vous aussi vous entourer pour évoluer au sein d’un écosystème sain, motivant et vecteur de performances. Écartez les personnes nocives et autres oiseaux de mauvais augures qui vous enverront de mauvaises ondes et tenteront de vous décourager. Ayez confiance, assurez-vous du soutien de votre cercle proche (ami, famille, conjoint.e, etc.) et surtout… faites-vous coacher !

L’entrepreneur.e a souvent une certaine fierté. Résultat, se faire coacher peut apparaître comme un aveu de faiblesse. Pourtant, c’est tout le contraire. Le coach est impératif pour progresser et passer un cap !

Il apporte la prise de recul nécessaire, ainsi que des méthodes et des outils que vous ne connaissez pas forcément. Après tout, les grands dirigeants se font continuellement accompagner par des conseillers et des coachs en communication. Les présidents et autres hommes politiques n’hésitent pas quant à eux à s’entourer de spin doctors. Alors pourquoi pas l’entrepreneur.e ?

S’il ne s’agit que de quelques conseils, ceux-ci s’appuient sur mon regard d’ancien sportif de haut niveau et sur mon expérience d’entrepreneur. Quel que soit votre profil, ne relâchez pas l’effort et persévérez.

À vos marques, prêts… entreprenez !